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Nombreux sont ceux qui se souviennent de la bibliothèque dans les années 1965-1970.
Nous avons recueillis quelques témoignages, de lecteurs, d'usagers ou de personnels qui l'ont fréquentée.
       
       
Après avoir occupé un poste administratif à la Mairie, Mademoiselle Thole a pris ses fonctions à la bibliothèque, rue Achille Boisneuf, le 20 mai 1965.
A 87 ans, Renée Thole garde la mémoire intacte de ces années où enfin elle était plongée dans le monde des livres. " J'aimais bien travailler, je n'avais jamais fait de philosophie, mais là, je pouvais avoir accès à la grande littérature. Les livres, je les gardais comme des trésors, dans des vitrines… "
Avec Yolande Ernatus puis Madame Archiméde -Thomiris,
Elève studieux de la 6ème A1 du Collège Carnot, le jeune Max s'était créé un univers très particulier à la bibliothèque municipale. Avec une bande de copains, il avait organisé une société secrète dont les membres, recrutés parmi les " gens à lunettes " du collège, incarnaient les héros des aventures de Bob Morane. Max, alias Bob Morane, complotait avec Bill Ballantine, le professeur Clairembart, Orgonetz et les autres, correspondait avec eux par messages codés. Leur mission :faire prisonnier les ennemis, surveiller cette bande rivale de sportifs
nous avions mis au point un système de classement, par disciplines, ce qui facilitait la recherche des étudiants. Nous avions de très beaux livres. ". Je m'occupais principalement des cahiers d'inscription des lecteurs et du cahier d'inventaire. J'effectuais aussi les versements à la Recette municipale.
Je me souviens d'une jeune collégienne, Mademoiselle Broussillon. Elle lisait beaucoup mais elle ne savait pas quel métier choisir. Un jour, je lui ai dis : " Broussillon, vous ne savez pas quoi faire ? Devenez bibliothécaire ! " Ce qu'elle fit.
Mademoiselle Thole a quitté la bibliothèque en 1983, pour une retraite active, mais toujours au milieu des livres.
  qui auraient pu lire avant eux les nouveaux exemplaires de la collection Marabout, et répondre au concours qui figurait à la fin de chaque nouveau titre paru. Leur terrain d'aventure : la bibliothèque, le galetas de l'ancienne mairie, le coffre fort dont ils étaient les seuls à connaître la vraie combinaison. Leur alliée : Yolande, la bibliothécaire
Leur stratégie : Ne laisser aucune possibilité d'emprunt des derniers numéros de la série par les adversaires et éditer un journal interne à la société secrète " JF4 Magazine " avec illustrations et commentaires sur les projets des aventuriers : le prochain départ en Amazonie, organiser la survie dans le Grand Nord….
Entre rêve et réalité l'imaginaire de Max et de ses copains, se nourrissait des trésors de la bibliothèque : Le Tour du monde en 80 jours, La guerre des boutons, Michel Vaillant, Le Grand Meaulne, Les romans de cap et d'épée…et se poursuivait pendant les vacances passées à Sainte Anne, Vernou, au Moule.
Tous voulaient devenir explorateurs. Aujourd'hui, à 50 ans, Max est libraire. " Beaucoup de nos rêves se sont brisés, nous avons perdu nos cœurs d'enfant. Pourtant, je suis toujours dans mon univers, au milieu des livres, une autre aventure "
 
S'il est un homme qui connaît Pointe-à-Pitre, c'est bien Monsieur Privat.
Il était coursier à la Mairie, et ce depuis 1959. Il reste chez cet homme, la mémoire intacte de la ville d'avant la Rénovation. Il se souvient de chaque commerce, chaque " lakou ", de l'assainissement à la vieille ville. Il arpentait la ville avec sa mobylette, de part et d'autre, pour y transporter des plis. Ainsi, il se rappelle de la mairie, en 1959 : " Au rez-de-chaussée, se trouvaient l'Etat civil, la Salle des mariages, l'Aide sociale, la Caisse d'Epargne, la Police,


 
   
" J'aime les gens, j'aime les livres et les impressionnistes …"
A 18 ans, Yolande Citee, voulait devenir hôtesse d'accueil. Une passion plus qu'un métier, pour cette jeune fille, toujours souriante, dynamique, ………Elle s'inscrivit dans un cours pour devenir l'une des premières hôtesse d'accueil guadeloupéenne. Recrutée par la Ville de Pointe-à-Pitre, elle fut chargée de l'enquête sociale menée au début de la Rénovation urbaine. Tout en continuant ses études, elle s'investit dans de nombreux projets culturels notamment aux côtés de Mario Pétrelluzi avec
les Services techniques. Au 1er étage : la Salle des délibérations, le Cabinet du Maire, le Secrétariat général et la Comptabilité Le galetas, c'était un pigeonnier. Après son déménagement pour le Centre José Marti, je continuais régulièrement à venir à la Rue Achille René-Boisneuf, à la bibliothèque. Les étudiants venaient nombreux. Il m'arrivait de consulter les livres et les journaux, entre deux courses ". Aujourd'hui retraité, Féder Privat raconte sa ville, comme il raconte sa vie.
 
" J'ai fréquenté la bibliothèque lorsque j'étais au collège Michelet, (Collège des filles), de la 6e à la 3e.
Dès que les cours étaient finis, je me rendais à la bibliothèque où j'empruntais les livres avant de rejoindre mon père. Je lisais dans la voiture, en attendant qu'il quitte son travail.
Je lisais vite, trop vite, car dès le lendemain, je ramenais les livres à la bibliothèque. Les fiches de la veille n'étaient pas encore classées, et je me heurtais à l'incrédulité de Madame Thole et de Madame Thomiris ou à leur conseils : "

   
lequel elle présentait des expositions ou encore pour le Bicentenaire de la Ville de Pointe-à-Pitre. Très tôt, elle sensibilisa la nouvelle équipe municipale à la nécessité de créer une bibliothèque. Le Cercle des Etudiants Guadeloupéens auquel elle appartenait, se réunissait régulièrement au 1er étage de la mairie. Tous étaient très solidaires. Les uns apprenaient aux autres, mais il manquait l'essentiel : les livres. Avec Jacques Beaumatin, Lucien Donvez, elle s'attacha à créer le fonds de la bibliothèque, littéraire, philosophique, juridique. Tout ce qui manquait à ces jeunes Guadeloupéens, en quête d'identité, avides de découvertes, passionnés par Senghor et par la poésie.
Elle fut chargée aux côtés de Madame Thomiris et de Mademoiselle Thole de la gestion de la bibliothèque. Autodidacte, elle mit en place une classification, incitait les jeunes lecteurs à découvrir la littérature, la philosophie… " Vigilante, elle imposait un choix de livres aux collégiens férus de bandes dessinées : un livre et une bd !. Tout en travaillant, elle s'inscrivit au concours de rédacteur, puis au certificat d'aptitude à la fonction de bibliothécaire (CAFB), et à la capacité en droit. En 1966, la bibliothèque, rue Achille René-Boisneuf, était déjà devenue trop petite pour les nombreux lecteurs. Elle proposa donc l'ouverture d'un nouveau site, à l'école Bébian. Son œuvre se poursuivit avec Michel Bangou, avec la création du Centre culturel Rémy Nainsouta, la création du Club de lecture, du ciné-club, les animations dans le kiosque, Place de la Victoire. Après Hugo (1989) et la reconstruction du Centre Rémy Nainsouta, elle fut nommée responsable du Syndicat d'Initiative, avec les projets plein la tête et du dynamisme à revendre.
Troyat, ce n'est pas de votre âge, Mademoiselle ". Je me souviens de ces mystérieuses armoires fermées à clef. . Il fallait demander l'autorisation pour y avoir accès. Nos lectures étaient contrôlées, mais à bon escient !
Je me rappelle encore de ces livres soigneusement recouverts de papier craft, des cahiers et des fiches manuscrites, du parquet qui craquait, du silence nécessaire dans la salle de lecture…. Ma passion des livres est née là. Après mes études littéraires, j'ai été recrutée par la Ville de Pointe-à-Pitre, comme bibliothécaire. Ce retour fut extraordinaire. Je retrouvais Mademoiselle Thole et Madame Thomiris, dans leur bibliothèque alors transférée place Camille Desmoulins. J'avais pour mission d'établir un fichier aux normes, procéder au reclassement des ouvrages, et ouvrir les vitrines ! Elles m'ont accueillie les bras ouverts et ont découvert une nouvelle méthode de travail, avec l'intelligence et la soif d'apprendre qui les caractérisaient.