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L'ancien Hôtel de ville de Pointe-à-Pitre, classé Monument Historique, est actuellement avec l'Externat Saint Joseph de Cluny, l'immeuble dont la restauration est la plus achevée et la plus spectaculaire. Et c'est un superbe bâtiment que la Ville de Pointe-à-Pitre nous a confié pour concevoir l'aménagement intérieur.

Dans cet ouvrage complètement terminé, aux boiseries déjà peintes, il fallait introduire l'électricité (courants forts et courants faibles), la climatisation, l'eau (pour les sanitaires) et l'informatique. La principale difficulté était de procéder à cet équipement indispensable au fonctionnement de la médiathèque sans défigurer le bâtiment. Le vide sanitaire qui occupe toute la surface de rez-de-chaussée, en dépit de son cloisonnement, de ses piliers de fondation et de sa faible hauteur nous a été extrêmement précieux dans l'installation des câbles et des canalisations.
La surélévation du rez-de-chaussée nous a conduit à mettre en place, sur la façade sud, un élévateur pour handicapés. Celui-ci, à cause des différents niveaux du rez-de -chaussée ne peut accéder qu'à une partie de la médiathèque, mais grâce au monte dossier, situé dans cette partie et au matériel informatique. Ils pourront utiliser les mêmes produits que les autres usagers. Il suffit de parcourir l'immeuble pour se rendre compte que la ventilation a été la priorité du concepteur. Cela nous a donc encouragea à ne prévoir la climatisation que pour certains locaux. L'isolation thermique du galetas, invisible mais bien réelle, doit permettre une climatisation moins coûteuse, et un meilleur confort de l'utilisateur des réseaux informatiques.

La grande hauteur sous-plafond du rez-de-chaussée a facilité la création d'un espace de stockage au dessus des sanitaires qui occupent l'ancien local réservé à la Caisse d'Epargne ; le coffre qui a été conservé en est le témoin manifeste.
L'ancienne salle des délibérations du Conseil Municipal est devenue la principale salle de lecture de la médiathèque et les trois grandes tables en bois massif avec leurs lames sont un clin d'œil aux bibliothèques d'autrefois.
Nous avons cherché à être le plus discret possible dans le câblage général des trois niveaux du bâtiment, préférant quelquefois cependant un fil électrique apparent mais mince, à une goulotte dissimulatrice mais épaisse.

Notre intention, pour certains ouvrages, est volontairement ostensible : la cloison qu'il a fallu réaliser au rez-de-chaussée est en verre et non pas en bois ; la gaine verticale de climatiseur et la gaine du monte-dossier sont très " présentes " par leur couleur et les gaines horizontales de climatisation, dans le galetas, ont été laissées brutes.
Les parquets ont été vitrifiés au rez-de-chaussée, et à l'étage tandis qu'un revêtement végétal (du jonc de mer) a été choisi pour le galetas.
L'ancien logement du gardien, au fond de la cour, a été agrandi et abrite désormais les locaux techniques et de service (reliure, réception des ouvrages)
Intervenir dans un tel bâtiment demande à la fois de l'humilité et de l'audace. C'est le public qui dira si nous en avons été pourvu.

Jean Claude Pancrassin, Architecte DPLG.