Extraite de la brochure réalisée pour la célébration du 100e aniversaire d'Amédée Fengarol du 22 au 30 mars 2005 par, l'Association Guadeloupéenne pour l'Entretien du Souvenir en partenariat avec la Région Guadeloupe, le Conseil Général, la ville de Pointe à Pitre ainsi que l'Hôtel de ville de Capesterre Belle-Eau
 
Telle une comète, Amédée Fengarol, illumina l'histoire de la Guadeloupe de sa trop courte vie en nous laissant le souvenir impérissable d'un homme exemplaire.

Né le jeudi de la mi-carême à l'Anse de Saint-Sauveur (Capesterre belle-Eau) alors que sa mèrz, colporteuse, revenait de Saint Domingue, Amédée Fengarol fut déclaré le 30 mars 1905 à la mairie de Pointe à Pitre.

Il vécut son enfance et son adolescence à la rue du cimetière au sein d'une famille de trois enfants.

Elève brillant, il fréquenta l'école des garçons de la rue Henri IV avant de poursuivre sa formation au lycée Carnot d'où il sortit muni du Baccalauréat 1ère partie.

Surpris par la 2ème guerre mondiale, il opte pour l'enseignement en marquant de son passage de nombreuses écoles: La Rozière (Lamentin), Abymes, Grand Fond du Moule, pointe à Pitre et Saint Rose. Ses qualités de pédagogue lui valent d'être affecté, après la guerre, au Lycée Carnot (section commerçiale).

Ses convictions conçernant la justice sociale, le respect de la démocratie et la solidarité avec les forces populaires le conduisent vers la lutte syndicale et il occupe la fonction d'adjoint au Secrétariat Général du Syndicat National des Instituteurs de l'époque, Monsieur Félix Edinval.

Très vite, ses grandes connaissances, sa combativité et son abnégation vont lui valoir l'affectation des masses populaires et la considération du milieu syndical et politique.

Avec la promulgation de la loi portant extension de la securité sociale en Guadeloupe, il fonde et préside le premier Conseil d'administration et propose des dossiers pour la liquidation des droits des travailleurs.


Par ailleurs, il fonde avec des prisonniers comme Sabin Ducadosse, Egésippe Ibéné, Rosan Girard, la section du partie Communiste Français en Guadeloupe dont il devient le Secrétaire Général Adjoint.

Son action, son dévouement au sein du parti, la confiance dont il bénéficie déterminent les militants à faire de lui leur candidat aux élections du Conseil Général en 1946.

Au sein du Conseil Général, ses qualités d'orateur sont mises au service de la cause des travailleurs et du peuple de la Guadeloupe.

En 1951, il est choisi par son Parti pour conduire la liste des communistes et des démocrates aux élections municipales de Pointe à Pitre.

Malheureusement, le jour même de son élection, le 11 janvier 1951, il décède dans des circonstances troublantes.

Avec lui disparaissait un combattant de chaque instant, un syndicaliste militant, un homme politique résolument engagé dans la lutte pour l'émancipation du peuple et l'une des plus grandes figures de l'histoire de la Guadeloupe.